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ANTOINE DE SAINT EXUPERY * STENDHAL * BLAISE CENDRARS * SYLVIE GERMAIN * JEAN ROUAUD * VICTOR HUGO *

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J'écris depuis l'âge de six ans. Ce n'est pas l'avion qui m'a amené au livre. Je pense que si j'avais été mineur, j'aurais cherché à puiser un enseignement sous la terre. Antoine de Saint Exupéry. . Ce qui embellit le désert c'est qu'il cache un puits quelque part. J'ai toujours aimé le désert. On s'assoit sur une dune de sable. On ne voit rien. On n'entends rien. Et cependant quelque chose rayonne en silence. Antoine de Saint Exupéry. .

SITE OFFICIEL ANTOINE DE SAINT EXUPERY
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   Et alors, j'ai pris feu dans ma solitude car écrire c'est se consumer…
   L'écriture est un incendie qui embrase un grand remue-ménage d'idées et qui fait flamboyer des associations d'images avant de les réduire en braises crépitantes et en cendres retombantes. Mais si la flamme déclenche l'alerte, la spontanéité du feu reste mystérieuse.. Car écrire c'est brûler vif, mais c'est aussi renaître de ses cendres.
   Ou ne crois-tu pas, tout simplement, que les marins comme les poètes sont beaucoup trop sensibles à la magie d'un clair de lune et à la destinée qui semble nous venir des étoiles, sur mer, sur terre, ou entre les pages d'un livre quand nous baissons enfin les yeux et nous détournons du ciel, toi, le marin, moi, le poète, que tu écris et que j'écris, en proie à une idée fixe ou victimes d'une déformation professionnelle ?

L'Homme foudroyé.
   Blaise CENDRARS   Suisse

CENTRE D'ETUDES BLAISE CENDRARS
UNIVERSITÉ DE BERNE (SUISSE)
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En ce temps-là, j'étais en mon adolescence
J'avais à peine seize ans et je ne me souvenais déjà plus de mon enfance
J'étais à 16.000 lieues du lieu de ma naissance
J'étais à Moscou dans la ville des mille et trois clochers et des sept gares
Et je n'avais pas assez des sept gares et des mille et trois tours
Car mon adolescence était si ardente et si folle
Que mon coeur tour à tour brûlait comme le temple d'Ephèse ou comme la Place Rouge de Moscou quand le soleil se couche.

Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France,
Blaise Cendrars

   À peine né à notre conscience, chaque personnage souhaite naître de nouveau autrement. Il veut naître au langage, s'y déployer, y respirer. S'y exprimer. Il veut avoir une vie textuelle.
   Le don d'une peau couleur de feuille où naître à une vie d'encre, le don d'une chair de mots, d'un sang verbal. L'offrande d'une histoire dont lui-même ne sait rien de précis, et nous bien moins encore, mais qui lui revient au nom d'une dette énigmatique contractée par nous du seul fait de l'avoir laissé dormir dans les douves de notre imaginaire, enveloppé dans sa chrysalide de songe, et de l'avoir bercé dans les houles de nos rêves.

   Les Personnages   
Sylvie GERMAIN

   Ainsi ce serait le moment, celui que les adeptes du vol en chute libre éprouvent à chacun de leur saut, ce moment précis de l'arrachement où ils perdent tout contact avec le domaine du solide, perdant littéralement pied, où, en une fraction de seconde, ils changent d'apparentement, s'extraient de l'humaine condition pour rejoindre la famille des oiseaux, des météorites, de la pluie et de la neige, des faines et des pollens, découvrant cette vie entre ciel et terre pour laquelle il n'est plus qu'un temps, celui qui mène de l'un à l'autre, un temps plus ou moins élastique, soumis aux lois de l'attraction et de la résistance de l'air, de la portance et des courants d'altitude.

L'Invention de l'auteur   
Jean ROUAUD

   Le 15 mai 1796, le général Bonaparte fit son entrée dans Milan, à la tête de cette jeune armée qui venait de passer le pont de Lodi, et d'apprendre au monde qu'après tant de siècles César et Alexandre avaient un successeur. Les miracles de bravoure et de génie, dont l'Italie fut témoin en quelques mois, réveillèrent un peuple endormi ; huit jours encore avant l'arrivée des Français, les Milanais ne voyaient en eux qu'un ramassis de brigands, habitués à fuir toujours devant les troupes de Sa Majesté Impériale : c'était du moins ce que leur répétait trois fois la semaine un petit journal, grand comme la main, imprimé sur un papier sale.
    Au Moyen Âge, les Lombards républicains avaient fait preuve d'une bravoure égale à celle des Français et ils méritèrent de voir leur ville entièrement rasée par les empereurs d'Allemagne. Depuis qu'ils étaient devenus de
fidèles sujets, leur grande affaire était d'imprimer des sonnets sur de petits mouchoirs de taffetas rose, quand arrivait le mariage d'une jeune fille appartenant à quelque famille noble ou riche.

La Chartreuse de Parme   
STENDHAL

   Sur le parvis de Notre-Dame, Esméralda, injustement accusée de meurtre, est condamnée à être pendue. Mais Quasimodo enlève l'"Egyptienne " et l'emporte dans la cathédrale. Là, le droit d'asile est sacré.
   Quasimodo s'était arrêté sous le grand portail. Ses larges pieds semblaient aussi solides sur le pavé de l'église que les lourds piliers romans. Sa grosse tête chevelue s'enfonçait dans ses épaules comme celles des lions qui eux aussi ont une crinière et pas de cou. Il tenait la jeune fille toute palpitante suspendue à ses mains calleuses comme une draperie blanche.; mais il la portait avec tant de précautions qu'il paraissait craindre de la briser ou de la faner. On eût dit qu'il sentait que c'était une chose délicate, exquise et précieuse, faite pour d'autres mains que les siennes. Par moments, il avait l'air de n'oser la toucher, même du souffle. Puis, tout à coup, il la serrait avec étreinte dans ses bras, sur sa poitrine anguleuse, comme son bien, comme son trésor, comme eût fait la mère de cette enfant ; son oeil de gnome, abaissé sur elle, l'inondait de tendresse, de douleur et de pitié, et se relevait subitement plein d'éclairs. Alors les femmes riaient et pleuraient, la foule trépignait d'enthousiasme, car en ce moment-là Quasimodo avait vraiment sa beauté. Il était beau, lui, cet orphelin, cet enfant trouvé, ce rebut, il se sentait auguste et fort, il regardait en face cette société dont il était banni, et dans laquelle il intervenait si puissamment, cette justice humaine à laquelle il avait arraché sa proie, tous ces tigres forcés de mâcher à vide, ces sbires, ces juges, ces bourreaux, toute cette force du roi qu'il venait de briser, lui infirme, avec la force de Dieu.
   Et puis c'était une chose touchante que cette protection tombée d'un être si difforme sur un être si malheureux, qu'une condamnée à mort sauvée par Quasimodo. C'étaient les deux misères extrêmes de la nature et de la société qui se touchaient et qui s'entraidaient.

Notre-Dame de Paris,
Victor Hugo

RESIDENCES DE VICTOR HUGO * HAUTEVILLE HOUSE GUERNESEY * PLACE DES VOSGES PARIS * CHATEAU DE SAINT-PRIX * VILLEQUIER * CLIQUEZ SUR LES PHOTOS *

DE LA MAIN DE VICTOR HUGO

   Il arrivait quelquefois que Jean Valjean lui prenait sa petite main rouge et crevassée d'engelures et la baisait. La pauvre enfant, accoutumée à être battue, ne savait ce que cela voulait dire, et s'en allait tout honteuse.
   Par moment, elle devenait sérieuse et elle considérait sa petite robe noire. Cosette n'était plus en guenilles, elle était en deuil? Elle sortait de la misère et elle entrait dans la vie.
   Jean Valjean s'était mis à lui enseigner à lire. Parfois, tout en faisant épeler l'enfant, il songeait que c'était avec l'idée de faire le mal qu'il avait appris à lire au bagne. Cette idée avait tourné à montrer à lire à un enfant. Alors le vieux galérien souriait du sourire pensif des anges.
   Il se sentait là une préméditation d'en haut, une volonté de quelqu'un qui n'est pas l'homme, et il se perdait dans la rêverie. Les bonnes pensées ont leurs abîmes comme les idées mauvaises.
   Apprendre à lire à Cosette, et la laisser jouer, c'était à peu près toute la vie de Jean Valjean. Et puis il lui parlait de sa mère et il la faisait prier.
   Elle l'appelait :
père, et ne lui savait pas d'autre nom.
   Il passait des heures à la contempler habillant et déshabillant sa poupée, et à l'écouter gazouiller. La vie lui paraissait désormais pleine d'intérêt, les hommes lui semblaient bons et justes, il ne reprochait dans sa pensée plus rien à personne.

Les Misérables   
Victor HUGO

   J'aime à regarder de ma fenêtre la Seine et ses quais par ces matins d'un gris tendre qui donnent aux choses une douceur infinie. J'ai contemplé le ciel d'azur qui répand sur la baie de Naples sa sérénité lumineuse. Mais notre ciel de Paris est plus animé, plus bienveillant et plus spirituel. Il sourit, menace, caresse, s'attriste et s'égaie comme un regard humain. Il verse en ce moment une molle clarté sur les hommes et les bêtes de la ville, qui accomplissent leur tâche quotidienne. Là-bas sur l'autre berge, les forts du port Saint-Nicolas déchargent des cargaisons de cornes de bœufs, et des coltineurs posés sur une passerelle volante font sauter lestement, de bras en bras, des pains de sucre jusque dans la cale du bateau à vapeur. Sur le quai du nord, les chevaux de fiacre, alignés à l'ombre des platanes, la tête dans leur musette, mâchent tranquillement, tandis que les cochers rubiconds vident leur verre devant le comptoir du marchand de vin, en guettant du coin de l'œil le bourgeois matinal.
    Les bouquinistes déposent leurs boîtes sur le parapet. Ces braves marchands d'esprit qui vivent sans cesse dehors, la blouse au vent, sont si bien travaillés par l'air, les pluies, les gelées, les neiges, les brouillards et le grand soleil, qu'ils finissent par ressembler aux vieilles statues des cathédrales. Ils sont tous mes amis et je ne passe guère devant leurs boîtes sans en tirer quelque bouquin qui me manquait jusque-là, sans que j'eusse le moindre soupçon qu'il me manquât. […]
    Tout ce que je découvre de ma fenêtre, cet horizon qui s'étend à ma gauche jusqu'aux collines de Chaillot et qui me laisse apercevoir l'Arc de Triomphe comme un dé de pierre, la Seine, fleuve de gloire, et ses ponts, les tilleuls de la terrasse des Tuileries, le Louvre de la Renaissance, ciselé comme un joyau ; à ma droite, du côté du Pont-Neuf,
pons Lutetiae Novus dictus, comme on lit sur les anciennes estampes, le vieux et vénérable Paris avec ses tours et ses flèches, tout cela c'est ma vie, c'est moi-même, et je ne serais rien sans ces choses qui se reflètent en moi avec les mille nuances de ma pensée et m'inspirent et m'animent. C'est pourquoi j'aime Paris d'un immense amour.

Le Crime de Sylvestre Bonnard   
Anatole France   PRIX NOBEL DE LITTERATURE

   Dans nos mansardes, nous vivons de peu. Le métier de mon père ne rapportait pas grand argent. Il fallait qu'il travaille longtemps pour gagner une petite journée. Dans les moments de presse, il retournait à son échoppe le soir après dîner. Il passait quelquefois la nuit entière au travail. Au petit jour, ma mère allait lui porter son café.
   Comme mes sœurs, plus âgées que moi, étaient à l'école, je restais seul avec ma mère une grande partie de la journée. En faisant son ouvrage, elle me racontait l'histoire du cousin de Paris, ou le naufrage de mon oncle Charles à Madagascar.

La Maison du peuple   
Louis GUILLOUX

   Ce jour s'écoula dans ces bois sauvages et nus qui ne savaient pas qui j'étais, bien qu'ils me connussent depuis mon enfance. Seul un homme de ma sorte peut aimer profondément cet univers adorable et sans regard et sans conscience pour nous juger… Ce monde odorant, plein de bêtes et d'astres, et qui ne sait pas qu'il existe des saints et des damnés, des êtres sauvés et des êtres perdus. Je me souviens vers trois heures, ce jour-là, de m'être assis au soleil sur un pin abattu dont l'immense corps dans sa chute avait dévasté les chênes. Accroupi dans cette odeur d'écorce arrachée, je me chauffais, innocent, comme un renard, comme une fouine.

Les Anges noirs   
François MAURIAC

   Il faudrait, se disait-il, garder la véracité du document, la précision du détail, la langue étoffée et nerveuse du réalisme, mais il faudrait aussi se faire puisatier d'âme et ne pas vouloir expliquer le mystère par les maladies des sens ; le roman, si cela se pouvait, devrait se diviser de lui-même en deux parts, néanmoins soudées, ou plutôt confondues, comme elles le sont dans la vie, celle de l'âme, celle du corps et s'occuper de leurs réactifs, de leurs conflits, de leur entente. Il faudrait, en un mot, suivre la grande voie si profondément creusée par Zola, mais il serait nécessaire aussi de tracer en l'air un chemin parallèle, une autre route, d'atteindre les en deçà et les après, de faire, en un mot, un naturalisme spiritualiste ; ce serait autrement fier, autrement complet, autrement fort !

Là-bas   
Joris-Karl HUYSMANS

   Trois éléments partageaient donc la vie qui s'offrait alors aux jeunes gens : derrière eux un passé à jamais détruit, s'agitant encore sur ses ruines, avec tous les fossiles des siècles de l'absolutisme; devant eux l'aurore d'un immense horizon, les premières clartés de l'avenir; et entre ces deux mondes... quelque chose de semblable à l'Océan qui sépare le vieux continent de la jeune Amérique, je ne sais quoi de vague et de flottant, une mer houleuse et pleine de naufrages, […] Voilà dans quel chaos il fallut choisir alors; voilà ce qui se présentait à des enfants pleins de force et d'audace, fils de l'Empire et petits-fils de la Révolution.
   Ce fut comme une dénégation de toutes choses du ciel et de la terre, qu'on peut nommer désenchantement ou, si l'on veut, désespérance; comme si l'humanité en léthargie avait été crue morte par ceux qui lui tâtaient le pouls. De même que ce soldat à qui l'on demanda jadis : " À quoi crois-tu ? " et qui le premier répondit : " À moi "; ainsi la jeunesse de France, entendant cette question, répondit la première: " À rien ".

Les Confessions d'un enfant du siècle,
Alfred de MUSSET

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