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Jules VERNE * Frank HERBERT * Isaac ASIMOV * Dan SIMMONS * Philip K. DICK *

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LITTERATURE POLICIERE

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Nous perpétrons certaines actions simplement parce que nous ne le devrions pas. Nous pourrions prétendre que cette perversité nous est soufflée par le démon si de temps à autre elle n’agissait pour l’accomplissement du bien. Edgar Allan POE

Le consul de l'Hégémonie, sur le balcon de son vaisseau spatial couleur d'ébène, jouait le Prélude en do dièse mineur de Rachmaninov sur un Steinway âgé mais en bon état, tandis que de grands sauriens verts s'ébattaient bruyamment dans les marécages en contrebas. Une méchante tempête se préparait au nord. Des nuages livides comme des ecchymoses entouraient le profil dune forêt de gymnospermes géantes tandis que des strato-cumulus flottaient à neuf mille mètres de haut dans un ciel de violence. Les éclairs se répercutaient sur la ligne d'horizon. Plus près du vaisseau, des formes vaguement reptiliennes se heurtaient au périmètre d'interdiction, poussaient un barrissement et battaient lourdement en retraite à travers les brumes indigo. Le consul se concentra sur un passage particulièrement difficile du Prélude, ignorant l'approche conjuguée de la tempête et de la nuit.
HYPERION   Dan SIMMONS.

Durant la semaine qui précéda le départ pour Arrakis, alors que le frénésie des ultimes préparatifs avait atteint un degré presque insupportable, une vielle femme vint rendre visite à la mère du garçon, Paul.
C'était une douce nuit. Les pierres anciennes du Castel Calodan qui avaient abrités vingt-six générations d'Altreides étaient imprégnées de cette fraîcheur humide qui annonçait toujouRs un changement de temps.
La vieille femme fut introduite par une porte dérobée et conduite jusqu'à la chambre de Paul par le passage voûté. Pendant un instant, elle put le contempler dans son lit. Il ne dormait pas ; à la faible lueur de la lampe à suspenseur qui flottait près du sol, il distinguait à peine cette lourde silhouette immobile sur le seuil et celle de sa mère, un pas en arrière. La vieille femme était comme l'ombre d'une sorcière ; sa chevelure était faite de toiles d'araignée qui s'emmêlaient autour de ses traits obscurs ; ses yeux étaient comme deux pierres ardentes.
DUNE   Frank HERBERT

[Dieu] avait fait l'homme à son image, mais il l'avait pétri dans la boue qui contient en puissance toutes les pourritures. Il le pesa pourtant avec la même balance qu'il eût employé pour un pur esprit. C'était la vraie justice. L'homme, s'il veut rester au paradis, ou y entrer, doit se nettoyer de la boue dont il est fait.
René BARJAVEL

Ce fut en effet dans la chair d'Ymir qu'à l'origine les nains prirent forme et vinrent à la vie : leur état était alors celui de vers, mais, sur la décision des dieux,  ils reçurent intelligence et formes humaines, tout en continuant à habiter dans la terre et dans les pierres. Modsognir était le plus éminent d'entre eux, et Durin venait en second. Voici ce qui est dit dans la Voluspa :

   Toutes les puissances divines allèrent / sur les chaires de décision.
   Les dieux très sains,
   et là ils examinèrent / qui créerait / les races des Nains
   Du sans de Brimir / et des membres de Blain
   Maintes formes humaines / ils firent là,
   Des nains dans la terre / comme le dit Durin.

J.R. TOLKIEN

Neal STEPHENSON

René BARJAVEL

Jack VANCE

Ian R. MAC LEOD

Roger ZELAZNY

À l'époque du rayon rose, j'avais déjà quitté Los Angeles pour New York et je n'avais vu Phil qu'en de rares occasions lors de mes séjours sur la côte. Quand je travaille il ne faut pas compter sur moi pour la correspondance, et d'une certaine manière, j'avais l'impression d'avoir abandonné Phil pendant cette période difficile. Avait-il vraiment disjoncté ? L'avais-je laissé tomber ? Pourtant la fois suivant je suis allé le voir à Santa Ana, et je l'ai trouvé tout à fait égal à lui-même, il n'était pas barjo. Sa voiture lui causait les mêmes soucis que d'habitude. Il m'avait parlé deux ou trois fois du rayon rose, du dybuuk de ce rabbin du quatorzième, de l'écriture automatique de l'Exégèse, et ainsi de suite, mais même à cette époque là, quand il parlait de ces choses, il les mettaient sur le même plan que la transmission défectueuse de sa voiture oui que son problème de poids ; lors de cette visite, donc, j'ai bien vu  que tout ça c'était du passé, et qu'il s'efforçait d'assembler un matériau totalement différent pour en faire un nouveau roman.
LA TRANSMUTATION DE PHILIP K. DICK   Norman SPINRAD

Nous autres, gens de la Terre, avons un talent tout spécial pour abîmer les grandes et belles choses. Si nous n'avons pas installé de snack-bars au milieu du temple égyptien de Karnak, c'est uniquement parce qu'il se trouvait situé très à l'écart et n'offrait pas de perspectives assez lucratives.
Ray BRADBURY

Michael MOORCOCK

Douglas ADAMS

Philip PULLMAN

Stanislaw LEM

Bruce STERLING

Au cours de ce qui fut la période vraiment pénible de mon existence, entre 1964 et 1972, j'avais l'impression que toute chose avait une raison d'être, une finalité. Tout était nécessaire. Si dingue et déglingué que je puisse être, je restais convaincu de la signification immanente des choses ; leur ordonnance finale finirait par apparaître et alors je pourrais jeter un coup d'œil en arrière et découvrir ce que j'avais déjà pressenti - mais pas seulement ça, pas seulement le fait qu'il existait à tout une raison d'être et une finalité, également ce qu'était cette raison d'être et cette finalité. Je suppose que je n'en saurait pas davantage avant que cette finalité ne s'imposât d'elle-même, et que cela pourrait ne se produire qu'au terme d'une période de temps assez longue, pendant laquelle auraient lieu de nombreux évènements, et que cependant ça pourrait arriver à n'importe quel moment, y compris quand je m'y attendrais le moins.
Philip K. DICK

M. Z. BRADLEY

Philip José FARMER

Arthur CLARKE

Herbert G. WELLS

Richard MATHESON

Pourtant autour de lui une lumière vive et diffuse régnait. Il voyait, mais ne comprenait pas ce que ses yeux enregistraient. Quelles étaient ces choses qui flottaient au-dessus et à côté de lui ? Où était-il ?
Il essaya de se redresser et fut envahi par une sourde panique. Il ne reposait sur rien. Il était en suspens dans le néant. Son effort lui avait imprimé une lente poussée giratoire, comme s'il était immergé dans un bain de mélasse assez diluée.
À quelques centimètres du bout de ses doigts, il y avait une tige de métal rouge vif. Elle venait d'en haut, de l'infini, et plongeait en bas, vers l'infini.
Il fit un mouvement pour la saisir parce que c'était l'objet le plus proche de lui, mais quelque chose d'invisible lui résista.
LE MONDE DU FLEUVE
P.J. FARMER
   


Le robot était toujours debout, grand et parfaitement droit, mais sa main droite se leva lentement et il introduisit un doigt dans sa bouche. Stupéfait d'horreur, le technicien ouvrit des yeux exorbités et prit la fuite. Il verrouilla la porte derrière lui et, d'une pièce voisine, lança un appel de détresse à Susan Calvin.
   Le Docteur Susan Calvin était le seul robotpsychologue de l'U.S. Robots ( et pratiquement de l'humanité ). Il ne lui fallut pas pousser bien en avant de demander péremptoirement une transcription des plans établis par l'ordinateur concernant les réseaux cérébraux positroniques, ainsi que les données sur ruban perforé qui avait servi de directive.
LE GRAND LIVRE DES ROBOTS
Isaac ASIMOV




Je portai les jumelles à mes yeux et les ajustai, les mains tremblantes. Colin et Meyssonnier avaient leur maison, le premier dans le bourg, le second un peu en dehors, sur la pente qui descend vers les Rhunes. Je ne trouvai pas trace de la première, mais identifiai la seconde à un pignon qui restait debout. De la ferme de Peyssou et des belles sapinettes qui l'entouraient, il ne restait rien qu'un petit monticule noirâtre sur le sol.
J'abaissai mes jumelles et je dis à voix basse :
- Plus rien .
Thomas inclina la tête sans répondre./ j'aurais dû dire plus personne
, car il était évident, au premier coup d'œil qu'à part notre petit groupe, tout le pays alentour était mort avec tous ses habitants.
MALEVIL
Robert MERLE



Je ne rapporterai pas les mots que nous avons échangés par la suite, cette nuit-là. Vous connaissez le langage que la déesse tient au dieu, le dieu à la déesse, car c'est le même chaque année ; il est aisé de deviner ce que disait le roi à la prêtresse et la prêtresse au roi, et qui n'a guère d'intérêt. Mais un troisième couple s'unissait aussi dans cette chambre, c'étaient l'homme et la femme ; et les paroles que se sont dites l'homme et la femme, ma foi, j'estime qu'elles n'appartiennent qu'à cet homme, à cette femme, et je les garderai secrètes, bien que je garde ici peu de choses secrètes. Que ces mots demeurent notre mystère. Le mystère plus éminent que nous avons accompli cette nuit, il vous est facile de l'imaginer. Vous n'ignorez pas le rituel des amants divins, le jeu des lèvres et des mamelons, des fesses et des mains, des bouches et des sexes. Sa peau était brûlante comme la glace des montagnes du Nord, ses mamelons dans mes mains plus durs que l'albâtre. Nous avons fait les gestes qui devaient être faits avant l'acte décisif, et nous avons su le moment de l'acte venu sans qu'il fût besoin de le dire. M'enfoncer en elle, c'était glisser dans le miel. Elle a ri en s'unissant à moi et j'ai reconnu ce rire pour celui de la fille du corridor autant que celui de la déesse dans le ciel. J'ai ri à mon tour que s'assouvisse mon désir au bout d'une si longue attente. Ensuite nos rires se sont résorbés dans une intonation plus grave, plus profonde. Et pendant que nous nous mouvions ensemble, elle bredouillait des phrases que je ne comprenais pas ; c'était le langage de la femme, le langage de la déesse et des Rites Anciens. […] Nous avons bientôt recommencé le rite, et puis encore, et encore, et l'aube enfin nous a offert les grâces du nouvel an. Alors, sereinement, nous sommes sortis du temple pour nous tenir nus sous la pluie veloutée que nos amours avaient conviée sur la terre d'Ourouk.
GILGAMESH ROI D'OUROUK
Robert SILVERBERG



Les circonstances nous changent, jamais la volonté seule.
SOUVENIRS DE LA TROISIEME GUERRE MONDIALE
Michaël MOORCOCK




Ses disciples l'appelaient Mahasamatman et disaient qu'il était un dieu. Il préférait cependant supprimer Maha-et-atmande son nom et se faire appeler Sam. Il ne prétendit jamais être un dieu, mais n'affirma jamais le contraire. Les circonstances étant ce qu'elles étaient, admettre l'un ou l'autre n'eût été d'aucun profit, à la différence du silence.
Il était donc entouré de mystère.
C'etait en la saison des pluies…
SEIGNEUR DE LUMIERE
Roger ZELAZNY




Scrutant
profondément
les ténèbres,
je me tins longtemps
à m'étonner et
à craindre,
à douter,
à rêver des rêves
qu'aucun mortel
n'a jamais osé
rêver auparanvant.
LE CORBEAU
Edgar Allan POE



Avalon est la terre des initiés. Le commun des mortels ne voit, à sa place, que l'île des Prêtres, où se dressent monastères et couvents. Mais celui qui sait peut, en posant ses deux mains jointes sur la bouche, émettre ce léger sifflement, comme un petit cri d'oiseau, qui fait venir la barge noire... Et les rameurs, des petits hommes à moitié nus, à la peau tatouée de mystérieux dessins, ne diront pas un mot de toute la traversée
Au moment où la barge s'enfoncera plus profondément dans le brouillard, il faudra que l'initié accomplisse le rite. Celui sans lequel les voyageurs erreront éternellement sur ces eaux obscures. Il lui faudra tendre ses deux bras vers le ciel, les paumes tournées vers les nuages, et rester ainsi en pleine concentration, jusqu'au moment où il pourra les abaisser, sans hâte, en expirant très légèrement. Alors le brouillard s'épaissira...
LES DAMES DU LAC
Marion ZIMMER BRADLEY



Je me trouvai, après cet exploit, dans une situation réellement pire qu'auparavant. Jusque-là, sauf pendant la nuit d'angoisse qui suivit la perte de la Machine, j'avais eu l'espoir réconfortant d'une ultime délivrance, mais cet espoir était ébranlé par mes récentes découvertes. Jusque-là, je m'étais simplement cru retardé par la puérile simplicité des Eloïs et par quelque force inconnue qu'il me fallait comprendre pour la surmonter ; mais un élément entièrement nouveau intervenait avec l'écœurante espèce des Morlocks - quelque chose d'inhumain et de méchant. J'éprouvais pour eux une haine instinctive. Auparavant, j'avais ressenti ce que ressentirait un homme qui serait tombé dans un gouffre : ma seule affaire était le gouffre et le moyen d'en sortir.
LA MACHINE A EXPLORER LE TEMPS
H. G. WELLS