quartier latin
libraire

6, rue Georges Teissier
42000 saint-étienne france
Tel 04.77.33.99.13.
Fax 04.77.46.68.08.
E.mail quartierlatinlibraire@orange.fr

Ludwig WITTGENSTEIN * Elie FAURE * Michel BUTOR * Gilles DELEUZE * Friedrich NIETZSCHE *

900 AUTEURS   5 000 TITRES

RECHERCHER UN TITRE  OU  COMMANDER

L'esprit des formes en est un. Il circule au-dedans d'elle comme le feu central qui roule au centre des planètes et détermine la hauteur et le profil de leurs montagnes selon le degré de résistance et la constitution du sol.
Un dieu ne devient dieu qu'au moment où il devient forme. C'est vrai. Mais il est vrai, aussi, qu'au moment où il devient forme, il commence à mourir.
Dieu est  un enfant qui s'amuse, qui passe du rire aux larmes sans motifs et invente chaque jour le monde pour le tourment des abstracteurs de quintessence, des cuistres et des prédicants qui prétendent lui apprendre son métier de créateur.
Elie FAURE   

Là où règne le droit, on maintient un certain état et degré de puissance. On s'oppose à son accroissement et à sa diminution. Le droit des autres est une concession faite par notre sentiment de puissance au sentiment de la puissance des autres. Si notre puissance se montre profondément ébranlée et brisée, nos droits cessent : par contre, si nous sommes devenus beaucoup plus puissants, les droits que nous avions reconnus aux autres jusque-là cessent d'exister pour nous.
AURORE
C'est se méprendre grossièrement que de voir dans le code pénal d'un peuple une expression de son caractère , les lois ne révèlent pas ce qu'est un peuple, mais ce qui lui paraît étrange, bizarre, monstrueux, exotique.
LE GAI SAVOIR
Friedrich NIETZSCHE   Allemagne

Martin HEIDEGGER

Giorgio AGAMBEN

Emmanuel LEVINAS

Emil M. CIORAN

Roland BARTHES

Les philosophes apportent de nouveaux concepts, ils les exposent, mais ne disent pas, ou pas complètement les problèmes auxquels ces concepts répondent. Par exemple, Hume expose un concept original de croyance, mais il ne dit pas pourquoi et comment le problème de la connaissance se pose en sorte que la connaissance soit un mode déterminable de croyance… La philosophie consiste toujours à inventer des concepts. Aujourd'hui, c'est l'informatique, la communication, la production commerciale qui s'approprient les mots concepts et créatif, et ces « concepteurs » forment une race effrontée qui exprime l'acte de vendre comme suprême pensée capitaliste, le cogito de la marchandise. La philosophie se sent petite et seule devant de telles puissances, mais s'il lui arrive de mourir, au moins ce sera de rire.
SIGNES ET EVENEMENTS
Gilles DELEUZE   France

Nulle des choses que l’on admire et que l’on cherche avec zèle n’est utile à ceux qui les ont obtenues ; mais quand on ne les a pas encore, on s’imagine que, si elles arrivent, tous les biens seront présents avec elles ; et quand elles sont là, il y a autant de fièvre, autant d’agitation et de dégoût, autant de désir des choses qu’on n’a pas. Car ce n’est pas en se rassasiant des choses désirées que l’on prépare la liberté, c’est par la suppression des désirs. EPICTETE

Vous me demandez comment je sais que ma philosophie est la meilleure entre toutes celles qui ont jamais été, sont et seront enseignées dans le monde. Ce serait plutôt à moi de vous poser la question. Je ne prétends pas avoir trouvé la philosophie la meilleure, mais je sais que j'ai connaissance de la vraie. Me demanderez-vous comment je le sais, je répondrai : de la même façon que vous savez que les trois angles d'un triangle égalent deux droits, et nul ne dira que cela ne suffit pas, pour peu que son cerveau soit sain et qu'il ne rêve pas d'esprits impurs nous inspirant des idées fausses semblables à des idées vraies ; car le vrai est à lui-même sa marque et il est aussi celle du faux.
Baruch SPINOZA   Hollande

Thomas HOBBES

René DESCARTES

J. F.  LYOTARD

Paul VIRILIO

G. W. F. HEGEL

Toute véritable transformation de la forme romanesque, toute féconde recherche dans ce domaine, ne peut que se situer à l'intérieur d'une transformation de la notice même du roman, qui évolue très lentement mais inévitablement ( toutes les grandes œuvres romanesques du XXe siècle sont là pour l'attester ) vers une espèce nouvelle de poésie à la fois épique et dramatique.

Le roman tend naturellement et doit tendre à sa propre élucidation.

Il ne peut y avoir de réalisme véritable que si l'on fait sa part à l'imagination, si l'on comprend que l'imaginaire est dans le réel, et que nous voyons le réel par lui.

Michel BUTOR   France

G. LEIBNITZ

Peter SLOTERDIJK

Baruch SPINOZA

Emmanuel KANT

Thomas PAVEL

Dès l'instant où vous suivez quelqu'un, vous cessez de suivre la vérité.
KRISHNAMURTI   Inde



   Suivant la définition des stoïciens, la sagesse consiste à prendre la raison pour guide ; la folie, au contraire, à obéir à ses passions ; mais pour que la vie des hommes ne soit pas tout à fait triste et maussade, Jupiter leur a donné bien plus de passion que de raison.

Éloge de la folie
ÉRASME   Hollande



   Dans l'histoire des peuples, dans l'histoire de l'esprit humain également, seuls les actes créateurs ont une importance. D'eux sels un autre homme peut apprendre quelque chose. Et qu'est-ce que la capacité d'apprendre, sinon un aspect de l'éternité ?

Fragmentarium
Mircea ELIADE Roumanie



   L'entendement, semblable à l'œil, nous fait voir, et comprendre toutes les autres choses, mais il ne s'aperçoit pas lui-même. C'est pourquoi il faut de l'art et des soins pour le placer à une certaine distance, et faire de sorte qu'il devienne l'objet de ses propres contemplations.

Essai philosophique sur l'entendement humain
John LOCKE   Grande Bretagne



   La passion du rire est un mouvement subit de vanité produit par une conception soudaine de quelque avantage personnel, comparé à une faiblesse que nous remarquons actuellement dans les autres, ou que nous avions auparavant.

De la nature humaine
Thomas HOBBES   Grande Bretagne




   Ils détestent la guerre comme une chose absolument bestiale, et aucune race animale ne s'y livre d'une facon aussi permanente que l'homme. Ils la détestent au suprême degré et, contrairement au sentiment de presque tous les peuples, ils estiment que rien n'est plus inglorieux que la gloire donnée par la guerre.

L'Utopie
Thomas MORE   Grande Bretagne



   L'influence morale de la nature sur chaque individu est la quantité de vérité qu'elle lui enseigne. Qui mesurera combien de fermeté le roc battu des vagues a appris au pêcheur ?

La Nature
Ralph Waldo EMERSON   U.S.A.



   Il arriva que le feu prit dans les coulisses d'un théâtre. Le bouffon vint en avertir le public. On pensa qu'il faisait de l'esprit et on applaudit ; il insista ; on rit de plus belle. C'est ainsi, je pense, que périra le monde : dans la joie générale des gens spirituels qui croiront faire une farce.

   L'amour est tout : aussi, pour qui aime, toute chose perd sa signification propre et n'en prend que par l'interprétation qu'en donne l'amour.

   Quand on considère un homme, on pourrait croire qu'il est un tout par lui-même, et on le croit aussi jusqu'à ce qu'on s'aperçoive que, dans la possession de l'amour, il n'est qu'une moitié qui court après son autre moitié.

Soren KIERKEGAARD   Danemark



   Une âme qui, plus nue qu'un autre, va du néant à l'enfer en traversant le monde, fait une plus grande impression que le monde que les âmes bourgeoises habillées.

   Si je pouvais expliquer à autrui l'essence de ce qui est éthique que par le biais d'une théorie, ce qui est éthique n'aurait pas de valeur  du tout.

Ludwig WITTGENSTEIN   Autriche



   La philosophie est essentiellement  inactuelle parce qu'elle appartient à ces rares choses dont le destin est de ne jamais pouvoir rencontrer une résonance immédiate dans leur propre aujourd'hui et de ne jamais non plus avoir le droit d'en rencontrer une.

   La langue est le poème originel dans lequel un peuple dit l'être. Inversement, la grande poésie, celle par laquelle un peuple entre dans l'histoire, est ce qui commence à donner figue à sa langue.

Martin HEIDEGGER   Allemagne



   C'est dans les mathématiques que réside le principe vraiment créateur. En un certain sens, donc, je tiens pour vrai que la pensée pure est compétente pour comprendre le réel, ainsi que les Anciens l'avaient rêvé.

Albert EINSTEIN   Allemagne   U.S.A.

SAINT AUGUSTIN

MONTESQUIEU

MONTAIGNE

Giordano BRUNO

ERASME

Blaise PASCAL

Mais qu'est-ce donc que je suis ? Une chose qui pense. Qu'est-ce qu'une chose qui pense ? C'est-à- dire une chose qui doute, qui conçoit, qui affirme, qui nie, qui veut, qui ne veut pas, qui imagine aussi, et qui sent. Certes ce n'est pas peu si toutes ces choses appartiennent à ma nature. Mais pourquoi n'y appartiendraient-elles pas ? Ne suis-je pas encore ce même qui doute presque de tout, qui néanmoins entends et conçois certaines choses, qui assure et affirme celles-là seules être véritables, qui nie toutes les autres, qui veux et désire d'en connaître davantage, qui ne veux pas être trompé, qui imagine beaucoup de choses, même quelquefois en dépit que j'en aie, et qui en sens aussi beaucoup, comme par l'entremise des organes du corps ? Y a-t-il rien de tout cela qui ne soit aussi véritable qu'il est certain que je suis, et que j'existe, quand même je dormirais toujours, et que celui qui m'a donné l'être se servirait de toutes ses forces pour m'abuser ? Y a-t-il aussi aucun de ces attributs qui puisse être distingué de ma pensée, ou qu'on puisse dire être séparé de moi-même ? Car il est de soi si évident que c'est moi qui doute, qui entends, et qui désire, qu'il n'est pas ici besoin de rien ajouter pour l'expliquer. Et j'ai aussi certainement la puissance d'imaginer ; car encore qu'il puisse arriver (comme j'ai supposé auparavant) que les choses que j'imagine ne soient pas vraies, néanmoins cette puissance d'imaginer ne laisse pas d'être réellement en moi, et fait partie de ma pensée. Enfin je suis le même qui sens, c'est- à- dire qui reçois et connais les choses comme par les organes des sens, puisqu'en effet je vois la lumière, j'ouïs le bruit, je ressens la chaleur. Mais l'on me dira que ces apparences sont fausses et que je dors. Qu'il soit ainsi ; toutefois, à tout le moins il est très certain qu'il me semble que je vois, que j'ouïs, et que je m'échauffe ; et c'est proprement ce qui en moi s'appelle sentir, et cela, pris ainsi précisément, n'est rien autre chose que penser. D'où je commence à connaître quel je suis, avec un peu plus de lumière et de distinction que ci-devant.
MEDITATIONS METAPHYSIQUES
René DESCARTES

Examinons donc ce point, et disons : Dieu est ou il n'est pas ; mais de quel côté pencherons-nous ? La raison n'y peut rien déterminer. Il y a un chaos infini qui nous sépare. Il se joue un jeu à l'extrémité de cette distance infinie, où il arrivera croix ou pile. Que gagerez-vous ? Par raison, vous ne pouvez faire ni l'un ni l'autre ; par raison, vous ne pouvez défendre nul des deux.
Ne blâmez donc pas de fausseté ceux qui ont pris un choix, car vous n'en savez rien. - Non, mais je les blâmerai d'avoir fait non ce choix, mais un choix, car encore que celui qui prend croix et l'autre soient en pareille faute, il sont tous deux en faute ; le juste est de ne point parier.
- Oui, mais il faut parier. Cela n'est point volontaire, vous êtes embarqué. Lequel prendrez-vous donc ? Voyons, puisqu'il faut choisir, voyons ce qui vous intéresse le moins. Vous avez deux choses à perdre, le vrai et le bien, et deux choses à engager, votre raison et votre volonté, votre connaissance et votre béatitude, et votre nature a deux choses à fuir, l'erreur et la misère. Votre raison n'est pas plus blessée, puisqu'il faut nécessairement choisir, en choisissant l'un que l'autre. Voilà un point vidé. Mais votre béatitude ? Pesons le gain et la perte en prenant croix que Dieu est. Estimons ces deux cas : si vous gagnez, vous gagnez tout, et si vous perdez, vous ne perdez rien ; gagez donc qu'il est sans hésiter. Cela est admirable.
LES PENSEES
Blaise PASCAL